Exposition de tapisseries, du 16 mai au 5 octobre 2009, à Aubusson

Parmi les thèmes propices au tissage, du XVIIe siècle à nos jours, il est évident que seul un petit nombre a été retenu et a rencontré son public. Avec l’exotisme, c’est un succès inégal selon les époques : aux XVIe et XVIIe siècles, seules quelques notes éparses (animaux impressionnants, turbans, instruments étrangers) parsèment les représentations, jusqu’à ce que la couleur vienne réveiller les verdures et les peupler d’oiseaux bariolés.
Le XVIIIe siècle, à la suite de Watteau, Vernansal et autre Boucher qui ont produit des modèles pour Beauvais, inonde la décoration, les murs, les sols, les sièges, les armoires … de chinoiseries. Aubusson n’est pas en reste, reprenant les sources littéraires et céramiques, puisant dans le baroque de Pillement pour se forger une iconographie vivante et riante, bien à lui. Le musée présente donc des tapisseries, aussi bien que les sources qui les ont inspirées, tapisseries exceptionnellement enlevées à leur intérieur privé, pour le plaisir du public, porcelaines de Chine ou de Limoges, ouvrages illustrés …
On signalera aussi l’exceptionnelle « poignée de main » entre deux mondes, ancien et nouveau avec le tissage, en soie, de Montezuma et Cortes, images d’utopie arrivant tout droit des Indes occidentales (l’Amérique).
Au XIXe siècle, au-delà de la Chine et du Japon, les turqueries, l’orientalisme maghrébin, peu à peu pénètrent les intérieurs et, avec le souci de mêler arts et industrie, de produire, ce sont les tapis qui vont véhiculer des formes en arabesques, des nuances colorées nouvelles. Un hommage est rendu aux manufactures – en particulier Sallandrouze et Braquenié – qui ont permis le maintien de l’art du tissage à Aubusson grâce à leurs productions innombrables qui vont envahir le monde et non plus seulement les demeures aristocratiques mais vont séduire la bourgeoisie de toutes contrées lointaines.
Au XXe siècle, contrairement aux manufactures nationales plus en prise avec la vie politique, les tapissiers aubussonnais ignorent quasiment la colonisation et les scènes pittoresques qu’elle suscite. Les rares cas qui sont liés à ces souvenirs de voyage ont été sélectionnés dans cette exposition qui nous fait voyager avec poésie et subtilité : un étonnant paravent où trônent deux aras et un cacatoès au sein d’une végétation de pays de mousson ; un magnifique perroquet, daté de 1921 et signé de Paul Jouve sur fond de tissage entièrement en argent.
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Information :
Musée départemental de la Tapisserie à Aubusson
Tél. 05 55 83 08 30
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